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Inscription: 14 Fév 2005, 23:47 Messages: 4238 Localisation: Dans son monde...
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Quelques premières pistes... A tout seigneur, tout honneur : commençons par les ouvrages de Pierre Verlet. Le mobilier royal français. Tome I : Meubles de la Couronne conservés en France (1 ère édition, 1945 - Librairie Picard, 2 ème édition,1990) Présentation de l'éditeur :"La découverte des vestiges du mobilier royal a pour base un patient travail de recherche dans les archives de la Maison du Roi et en particulier dans ce monument d'intelligente activité qu'est le Journal du Garde-Meuble. Ces dix-huit volumes dont les 3600 pages couvent un siècle (1685-1784) sont relayés par les registres d'ordres (1784-1792)
C'est par l'étude minutieuse de ces registres qu'on découvre que les chiffres, hâtivement peints ou soigneusement tracés au pochoir à l'envers des meubles, les étiquettes plus ou moins déchirées par le temps, qui paraissent disposées en un étrange rébus, ont en réalité une correspondance avec ces registres et permettent, à force de patience, d'écrire, dans le meilleur des cas, l'histoire d'un meuble à peu près sans lacunes. Les quarante monographies de ce premier volume fournissent un aperçu de ce qu'on peut entendre de ces recherches.
Au plaisir intense de la découverte s'ajoute le désir de remettre à leur ancienne place les meubles retrouvés en gardant toutefois à l'esprit cette réserve : les meubles de Louis XIV sont aujourd'hui quasi inexistants, ceux de Louis XV assez nombreux et ceux de Louis XVI et Marie-Antoinette presque au complet. Si Marly, Saint-Cloud, les Tuileries et bien d'autres résidences royales ont disparu, Versailles, Fontainebleau et Compiègne demeurent et les remeublements proposés par Pierre Verlet s'y réalisent peu à peu." Le mobilier royal français. Tome II : Meubles de la Couronne conservés en France. Avec une étude sur le Garde-Meuble de la Couronne (1 ère édition 1955- Librairie Picard, 2 ème édition, 1992) Présentation de l'éditeur :"Il n'y a rien qui marque davantage la magnificence des grands Princes que leurs superbes palais et les meubles précieux dont ils sont ornés."
En 1663, Louis XIV et Colbert organisèrent le Garde-Meuble de la Couronne sur des règles qui régissent encore, à bien des égards, le Mobilier National. Le Garde-Meuble dépendait du Ministre de la Maison du Roi et de l'intendant général des Meubles de la Couronne. Ce poste fut occupé pendant cent vingt ans par les membres de deux familles, les Berbier du Metz et les Fontanieu qui, habitués au luxe royal, assuraient le passage sans heurt d'un style à l'autre. Ler dernier intendant général, Thierry de Ville-d'Avray, reprit d'une main de fer l'administration, multiplia les inventaires et transforma le somptueux hôtel de la place Louis XV en un musée - l'un des premiers aménagés en Europe - où on venait admirer les richesses de la Couronne. Il paya de sa vie, le 2 septembre 1792, son fidèle et sincère attachement à ses maîtres. Son fils, devenu en 1814 intendant général du Garde-Meuble, prolongea sur le XIX ème siècle les traditions de la Monarchie.
Pierre Verlet fait revivre non seulement la vie d'une haute administration royale mais celle de son petit personnel où se succédaient aussi des générations de bons serviteurs. Les quarante meubles présentés passent du luxe in peu écrasant du médaillier de Louis XV et du "bureau du Roi" à la simplicité du prie-Dieu du Dauphin ou de la table à sextuor de Fontainebleau." Le mobilier royal français Tome III : Meubles de la Couronne conservés en Angleterre et aux Etats-Unis (1 ère édition, anglaise, 1963 - première édition française, 1991 - Librairie Picard, 1994) Présentation de l'éditeur :"Durant toute sa vie Pierre Verlet rechercha les vestiges du prestigieux mobilier qui donnait vie aux résidences royales et que les ventes révolutionnaires de 1793 à 1795 dispersèrent au profit de marchands et de spéculateurs venus de toute l'Europe. Pour cette véritable chasse le terrain le plus prometteur lui parut être l'Angleterre où les musées et les châteaux lui révélèrent des trésors, et il y joignit bientôt les Etats-Unis où les possesseurs d'immenses fortunes devenaient, à leur tour, collectionneurs.
Les quarante meubles décrits ici et conservés dans ces deux pays sont accompagnés d'une longue introduction. De l'étude de certains meubles, le cabinet, le bureau, la commode, on passe à celle de leurs créateurs, Cucci, les Boulle, Gaudreaux, Joubert, Riesener, qui les signèrent mais qui étaient entourés d'une équipe de dessinateurs, sculpteurs, modeleurs, bronziers, tapissiers que l'exploration des archives tire enfin de l'anonymat.
La dispersion presque totale de toutes ces richesses fut suivie des efforts accomplis avec plus ou moins de bonheur par Louis-Philippe, l'impératrice Eugénie puis l'administration des Beaux-Arts pour remeubler Versailles et les châteaux encore existants, Fontainebleau et Compiègne.
Ne décrivant que des meubles conservés en Angleterre et aux Etats-Unis, ce volume n'avait paru que dans une version anglaise en 1963. C'est donc presque un inédit qui vient enfin compléter les trois autres tomes du Mobilier royal français" Le mobilier royal français Tome IV : Meubles de la Couronne conservés en Europe et aux Etats-Unis (Librairie Picard, 1990; 2 ème édition, 1999) Présentation de l'éditeur :"Sa vie durant, Pierre Verlet se consacra à la recherche, l'analyse et l'identification des objets (mobilier, soieries, tapis, porcelaine, orfèvrerie, gemmes, bronzes, bijoux) réalisés pour les rois de France et la Cour - objets que la France avait négligemment dispersés à la Révolution.
Diplômé de l'Ecole des Chartes, de la Sorbonne, de l'Institut d'Art et de l'Ecole du Louvre, il fut conservateur en chef du département des objets d'art du Musée du Louvre pendant 24 ans. Sous sa gestion, plus de 1100 objets enrichirent son département, fruits d'acquisitions et surtout de donations dont les plus prestigieuses furent les donations Niarchos et Grog-Carven. Illustre conservateur, il était également un savant de renommée internationale. Peu d'historiens peuvent se vanter d'avoir fait autant progresser l'histoire des arts décoratifs français.
Les quatre volumes consacrés au Mobilier royal français forment un instrument de travail capital en fournissant une série de monographies vouées à des meubles bien datés qui sont autant d'éléments de référence. Personne avant Pierre Verlet n'avait songé à confronter les numéros d'inventaire que portent les meubles royaux avec les registres du Garde-Meuble de la Couronne où ils sont décrits. Les notices qui accompagnent maintenant les meubles royaux dans les catalogues de vente publiques ou dans le commerce d'art montrent avec quelle ardeur il a été suivi. Son étude ne resta pas théorique. Elle permit le remeublement des anciens châteaux français et en particulier celui du château de Versailles." Les bronzes dorés français du XVIIIème siècle (Librairie Picard, 3ème édition, 2003 - 104 €) Présentation de l'éditeur :"Le sujet est vaste et nouveau. Les bronzes dorés français du XVIII ème siècle, dits bronzes d'ameublement ou d'or moulu, sont de plus en plus recherchés et appréciés. Aucune étude d'ensemble n'a été écrite à leur propos et les sources publiées sont rares. Quelques articles, trois ou quatre monographies, des rassemblements d'images, un dictionnaire des bronziers limité aux lettres A-C, tout cela plus ou moins périmé, tel est le bilan. Il fallait un manuel. Le voici. Annoncé et attendu depuis de nombreuses années, ce livre résulte d'un long mûrissement du sujet, d'un travail approfondi, d'une solide expérience, d'une réunion unique de documents inédits, la plupart donnés en index.
L'auteur eut la chance d'être pendant trente ans conservateur du département des objets d'art au Louvre, dont il a accru souvent avec éclat les très riches collections, en même temps qu'il en renouvelait la connaissance et l'étude. Par sa formation de chartiste et par son contact quotidien avec les œuvres d'art, il a su allier l'érudition du savant et le flair de l'amateur. Ses travaux sur l'art décoratif de Paris et de Versailles au XVIII ème siècle nous ont valu des volumes sur le mobilier français, les collections royales, le château de Versailles, la manufacture de Sèvres, la manufacture de la Savonnerie, qui tous font autorité dans le monde des collectionneurs, des historiens et du commerce international. Le présent manuel s'inscrit dans la même lignée."Qui est l'auteur ?  Voir plus haut. -Aux éditions Massin :collection Le mobilier français :"Cette collection est destinée à ceux qui s'intéressent au mobilier français. Il a paru indispensable de replacer les meubles dans leur époque, d'évoquer le cadre pour lequel ils avaient été conçus, d'étudier leur mode de fabrication, de comprendre leurs influences venues d'ailleurs et bien assimilées. Ainsi, se dessine d'un ouvrage à l'autre la lente évolution des formes et des décors du XV ème siècle à nos jours.
Les ouvrages de la collection "le mobilier français", placée sous la direction de Claude-Paule Wiegandt, ont été confiés à des auteurs dont la formation et les fonctions au sein des musées les ont amenés à se spécialiser dans ce domaine. La plupart des meubles photographiés dans ce livre proviennent de collections ouvertes au public de façon à permettre au lecteur de les voir et de les apprécier par lui-même." Régence-Louis XV, par Claude-Paule Wiegandt (20 €) Présentation de l'éditeur :" "Louis XV. Un moment de perfection de l'art français." (Exposition à l'hôtel de la Monnaie, Paris 1974.) S'il est un domaine où cette affirmation prend tout son sens, c'est celui du cadre de vie. Paris, mais aussi un grand nombre de villes de province, voient se développer un urbanisme remarquable; les architectes élèvent, entre cour et jardin, des hôtels particuliers dans lesquels ils décorent des "appartements" somptueux ou intimes; les "marchands-merciers" vendent à une clientèle élégante des tableaux, des sculptures, des objets de céramique ou d'orfèvrerie, mais aussi les meubles sortis des ateliers des ébénistes, des bronziers, des menuisiers, des tapissiers, dont l'invention et le savoir-faire ont atteint une qualité inégalée. L'Europe entière admire, envie, achète les meubles français aux formes harmonieuses, et, dans bien des cas, s'en inspire. " Transition - Louis XVI, par Claude-Paule Wiegandt (20 €) Présentation de l'éditeur :"Le "voyage en Italie" qu'effectuaient au XVIII ème siècle les artistes et les jeunes gens bien nés de France et d'Angleterre connut un regain de succès au milieu du siècle, lors de la découverte des sites de Pompéi et d'Herculanum. Ceci entraîna dans toute l'Europe un nouvel attrait pour l'Antiquité et l'art gréco-romain qui, déjà aux XVI ème et XVII ème siècles, avaient provoqué une passion sans limite. Cependant, en France, les gens de goût ne sauraient oublier soudainement le charme et l'élégance des créations des menuisiers et des ébénistes du temps de Louis XV, marquées par le style rocaille. Si les formes abandonnent peu à peu les courbes et les galbes de l'époque précédente, les fleurs au naturel, les draperies, les noeuds de ruban apportent aux lignes droites et aux ornements à l'antique, dorénavant de règle, une fantaisie et une souplesse qui dépouillent le goût néo-classique de toute sévérité." Directoire - Consulat - Empire, par Marie-Noëlle de Grandry (20 €) Présentation de l'éditeur :"A la suite de la Révolution française, la société connait un profond renouvellement. Les modes de vie s'en ressentent. L'admiration pour l'antiquité se manifeste désormais dans tous les domaines : le vocabulaire politique, le vêtement et la coiffure, l'architecture et la décoration intérieure, la forme et le nom des objets et des meubles... Sous le régime du Directoire se prolongent les innovations qu'avaient vu naître les dernières années du règne de Louis XVI. Le style à la grecque, à l'étrusque se complète des rappels de la grandeur romaine et d'une meilleure connaissance de l'Egypte.
Encouragé par le goût audacieux d'une nouvelle élite non conformiste, avec Juliette Récamier ou Joséphine Bonaparte, se précise alors le style appelé Consulat. Les architectes Percier et Fontaine prévoient tous les éléments contribuant à la décoration intérieure, affirmant que "la théorie du goût ne saurait séparer les plus légers produits de l'art de ses plus vastes ouvrages". C'est là une des clefs de l'unité du style Empire qu'ils développèrent avec le soutien entier de Napoléon I er."-Aux éditions de l'Amateur :Collection Des styles"Une collection qui vient habilement compléter un manque et renouveler les connaissances et l’iconographie grâce à de jeunes spécialistes." Le style Régence, par Calin Demetrescu (2003 - 22,80 €) Présentation de l'éditeur :"Lors de son avènement au trône, en 1715, Louis XV est âgé de cinq ans et quelques mois. Suivant la volonté de Louis XIV, son bisaïeul, Philippe d'Orléans (1674-1723), fils de Monsieur, frère unique du roi, est proclamé Régent et assurera le gouvernement du royaume pendant la minorité de son neveu, de 1715 à 1723. Période très courte de l'histoire de France, la Régence, marque pourtant un moment essentiel pour l'évolution des arts. Déplaçant pour un court moment le siège du gouvernement de Versailles à Paris, le Régent contribue à un nouvel essor de l'art dans la capitale. Fidèle encore aux traditions du classicisme, l'architecture est dominée par les noms de quelques grands artistes tels Robert de Cotte ou Germain Boffrand. Gilles-Marie Oppenord, architecte du Régent, apporte quant à lui un souffle nouveau dans ses réalisations au Palais-Royal, inspirées de son voyage en Italie. Le décor d'intérieur, dont le renouveau se fait déjà ressentir vers 1700-1710, est marqué par les travaux de quelques grands ornemanistes et peintres, tels Claude III Audran, Antoine Watteau ou Nicolas Pineau. Les arts décoratifs connaissent à leur tour une période florissante : le galbe et la surabondance du décor sculpté, parfois inspiré de motifs orientaux, caractérisent le riche mobilier de menuiserie en bois doré. La persistance de la marqueterie Boulle coexiste avec l'emploi de plus en plus répandu du placage en bois exotiques précieux pour les meubles d'ébénisterie. L'importance du bronze doré n'est égalée que par la passion grandissante pour les arts de la Chine et du Japon qui finissent par influencer l'ornement dans sa structure intime. Plutôt qu'un style en soi, la période de la Régence constitue l'aboutissement de l'art louis-quatorzien dont l'expérience est poussée à ses ultimes limites. Elle représenta également la nécessaire transition vers l'art rocaille qui marquera de son exubérance le début des années du règne de Louis XV."Qui est l'auteur ? "Ancien conservateur du musée des Beaux-Arts de Bucarest, Calin Demetrescu est un spécialiste renommé des ébénistes de l’époque Louis XIV. Il a publié de nombreux articles sur le sujet. Il est également l'auteur, dans la même collection, du Style Louis XIV." Le style Louis XV, par Sophie Mouquin (2003 - 25,20 €) Présentation de l'éditeur :"Sous Louis XV (1715-1774), l'aménagement intérieur connaît un changement profond. La conception de l'espace, comme celle de tous les objets d'art, est désormais soumise à des règles de confort, d'intimité que le siècle précédent ignorait. Ce goût nouveau touche tous les domaines de la création artistique : l'architecture et la distribution intérieure tout d'abord, avec des pièces plus petites, propices à l'intimité et à la confidence ; les arts décoratifs ensuite, notamment le mobilier d'ébénisterie et de menuiserie, qui invente sans cesse des formes nouvelles, légères, discrètes, et pour lesquelles le raffinement du décor répond à l'usage privé et intime. Soieries de Lyon, tapisseries des Gobelins ou de Beauvais, tapis de la Savonnerie, porcelaines de Vincennes ou de Sèvres, glaces de Saint-Gobain décorent les intérieurs déjà ornés de ces boiseries mises à la mode par Louis XV. Le style Louis XV s'ouvre avec ce que les historiens se sont accordés à appeler le rocaille, qui n'est cependant que le développement logique de la Régence. Ce rocaille symétrisé aboutit au plus pur style louis XV, tout en nuances, en équilibre et élégance. Cette réaction, intellectuelle, au désordre du rocaille conduit rapidement les créateurs à un style qui, sans rien renier de l'ancien, introduit des éléments résolument classiques, qui lui valent l'épithète de "rocaille symétrisé classicisant". Réaction conservatrice, mais encore nuancée, et que l'on s'accorde à dater des années 1753 à 1760. Le mouvement se durcit rapidement et, parallèlement au style rocaille symétrisé classicisant, se développe une tendance classique plus dure qui donne naissance à deux courants : le «classicisme outrancier», de 1754 à 1759, puis le style "à la grecque", de 1760 à 1765. Ces styles réactionnaires restent cependant bien délimités. Puis, pendant 10 ans, de 1765 à 1775, dans le domaine des arts décoratifs tout au moins, on glisse tout doucement vers un style résolument nouveau, le Louis XVI. Dans tous les domaines, l'art Louis XV est bien celui de la perfection française."Qui est l'auteur ? "Maître de conférences en Histoire de l’art moderne à l’université Michel de Montaigne-Bordeaux III, Docteur en Histoire de l’art, Sophie Mouquin a soutenu le 8 décembre 2003 sa thèse de doctorat d'Etat d'Histoire de l’art – « Les marbriers des Bâtiments du Roi (1661-1745) : étude des principaux marbriers travaillant pour la couronne de France sous l’Ancien Régime » – à l'université de Paris IV-La Sorbonne sous la direction de M. Alain Mérot (Prix Nicole 2004). Elle est également l’auteur, dans la collection des Cahiers du Mobilier, de Pierre IV Migeon" Les styles Transition et Louis XVI, par Anne Droguet (2005 - 25,20 €) Présentation de l'éditeur :"Près de vingt-cinq ans avant l'avènement de Louis XVI se font sentir les prémices du style qui porte son nom. Il s'inscrit en fait dans le néoclassicisme qui puise aux sources de l'art antique - romain, grec et égyptien - et perdurera sous différentes mutations jusqu'en 1830. Ce style représente le premier épanouissement d'un art à la. recherche du «Beau idéal», épris d'ordonnance, convaincu de la pureté et de la grandeur de l'art des Anciens, du bien-fondé de leur répertoire architectural et décoratif. Ce renouveau, suscité par les découvertes archéologiques des sites d'Herculanum et de Pompéi, est une contre-réaction aux excès du rocaille, et est inhérent au désir de renouer avec la grandeur de la tradition louis-quatorzienne. Le style Louis XVI connaît plusieurs phases, que l'on peut définir ainsi : «triomphante» d'abord, de 1770 à 1778, allant de pair avec les années prospères et euphoriques de la société et la poussée des jeunes princes et de leurs exigences, puis dans un second temps, de 1778 à 1785, «fleuri» sous l'impulsion de Marie-Antoinette qui acquiert une réelle position et influe sur les arts décoratifs par son goût tapissier et son amour pour les fleurs au naturel, mais également de ses beaux-frères qui demandent toujours plus de raffinement. Les arts décoratifs atteignent des sommets de perfection à cette époque grâce à l'entremise des marchands merciers. Nourris d'influences diverses, les thèmes décoratifs empruntent tant au répertoire traditionnel classique et à la nouvelle iconographie exhumée des sites pompéiens, qu'au goût tapissier; noeuds, galons, drapés, lambrequins, festons, glands de passementerie, fils de perles. La nature y a sa place, sous l'influence rousseauiste, et la figure revient en force : humaine, animalière ou encore hybride sous l'influence de la mythologie antique. De 1785 à 1792, le style Louis XVI devient «sévère». Sous la pression des crises financières et sociales se cristallisent les aspirations au retour à la Vertu et à la Morale civique et naturelle, à l'héroïcité antique. Elles se mêlent paradoxalement au naturalisme issu du sentimentalisme préromantique de Rousseau et de l'Angleterre, et à l'influence croissante de ce pays. Le style Louis XVI glisse alors vers une épuration des formes, de la ligne et du décor, mais sans rejeter tout raffinement. L'ornementation, en se dépouillant, se géométrise et le décor tend à devenir plus abstrait. Durant le règne de Louis XVI, l'art est porté à un degré de perfection et de raffinement qui confine à l'excellence. Tant est si bien que ce ne sont pas seulement les Parisiens et les Français, mais toutes les cours européennes qui se fournissent à Paris à la recherche de cet art aimable fait de grâce, d'harmonie, de finesse et de raffinement poussé à l'extrême."Qui est l'auteur ? "Anne Droguet entreprend une thèse à l'université de Paris IV-La Sorbonne sur la garniture d'ameublement en bronze doré au XVIII ème siècle. Elle est également l'auteur, dans la collection des Cahiers du Mobilier, de Nicolas Petit."-MonographiesCollection Les Cahiers du Mobilier : Pierre IV Migeon, par Sophie Mouquin (Editions de l'Amateur, 2001 - 54 €) Présentation de l'éditeur :"Pierre IV Migeon, issu d'une famille d'artisans parisiens, est encore de nos jours l'un des ébénistes du XVIIIème siècle les plus réputés. Quatrième d'une dynastie d'ébénistes portant tous le même prénom, il fut tout autant ébéniste que marchand. Son atelier devint rapidement l'un des plus importants du faubourg Saint-Antoine et contribua à la formation de certains des grands noms de l'ébénisterie parisienne du XVIII ème siècle. La clientèle de Migeon est prestigieuse : le monde de la finance, du Parlement, de la haute noblesse ou même le Garde-Meuble de la Couronne et les Menus Plaisirs se fournissent chez lui. Il affiche un goût marqué pour les formes massives et calmes, les bâtis mouvementés et les placages monochromes, le plus souvent en bois de violette. L'un des motifs les plus typiques de son travail, le placage dit en ailes de papillon, est souvent circonscrit à l'intérieur d'une réserve polylobée. Il n'en a pas pour autant délaissé les autres marqueteries, qu'elles soient de losanges, de cubes ou de fleurs, toujours d'une parfaite qualité, ni même le précieux laque ou le vernis Martin.
Bien qu'il soit difficile de distingeur la part de chacun, on peut toutefois affirmer que l'atelier des Migeon a connu une grande prospérité, et les œuvres qui en sont sorties révèlent un goût très sûr et un grand souci de la qualité." Nicolas Petit, par Anne Droguet (Editions de l'Amateur, 2001 - 54 €) Présentation de l'éditeur :"Nicolas Petit, souvent confondu avec son homonyme, se distingue de celui-ci par une œuvre abondante et de grande qualité, étendue sur trente années d'intense activité. Issu d'une famille de la bonne bourgeoisie judiciaire, il se taille vite une honorable réputation dans le milieu des ébénistes, et, «sensible à la grâce de la courbe», son style se renouvelle rapidement pour aller jusqu'au «plus pur Louis XVI où la délicatesse de ses conceptions se manifeste avec toute sa grâce». Devant ses recherches, ses choix très éclectiques et son désir de s'adapter constamment à l'évolution du goût, il n'est guère possible de définir sa manière personnelle. Tout au plus peut-on parler de préférences : il se soumet d'abord à la rocaille pour réaliser d'élégantes commodes galbées, des encoignures, des secrétaires, des bureaux, de petites tables pour la plupart marquetés. Il adopte ensuite le style Transition et reprend les mêmes formules décoratives sur des meubles toujours fabriqués avec soin. Il est cependant le concepteur d'une nouvelle formule de commode Transition à avancée médiane.
Découvrir Nicolas Petit nous amène à suivre deux pans de son activité, celle de maître ébéniste et celle de marchand ébéniste, à en saisir les implications et à voir comment il a réussi à mener cette double activité." Pierre Garnier, par Christophe Huchet de Quénetain (Edition de l'Amateur, 2003 - 67 €) Présentation de l'éditeur :"Ce grand ébéniste du XVIII ème siècle, dont la production s'étale sur plus de cinquante ans, illustre l'évolution des styles, de la rocaille au néoclassicisme. D'ailleurs, fait exceptionnel, sa réputation était si grande qu'elle survivra à la période révolutionnaire. Grâce à son incontestable talent et à sa faculté d'adaptation aux fluctuations du goût, Pierre Garnier comptera parmi sa clientèle de très riches personnages du royaume qui lui passeront d'importantes commandes : le receveur des Finances Germain Baron, le marquis de Contades, la duchesse de Mazarin, et surtout le marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments. Durant sa période Louis XV, s'il semble peu utiliser les marqueteries de fleurs, Garnier apprécie en revanche les marqueteries géométriques de losanges, de croisillons, ainsi que les placages en feuilles diversement disposés. Ces placages sont parfois compartimentés, comme en «surimpression», par des encadrements très sinueux et très entrelacés. Mais avec Leleu, Oeben, Montigny, Riesener, Garnier reste surtout l'un des promoteurs et l'un des maîtres les plus originaux du style «à la grecque», première étape du retour à l'antique désigné globalement aujourd'hui sous le nom de style Louis XVI.
Formes puissantes, emprunts constants à l'architecture, décor assez somptueux mais surtout d'une grande rigueur : on retrouve tous ces éléments dans l'oeuvre néoclassique de Garnier. Avec les pilastres à larges cannelures qui constituent presque une «marque de fabrique» de Garnier et concurremment ou non avec eux, un autre élément peut passer pour une sorte d'exclusivité de l'ébéniste : les pieds toupies en forme de vis, en bronze doré."Qui est l'auteur ? "Après s'être consacré à des recherches sur deux des plus importants maîtres-ébénistes parisiens du XVIIIe siècle, François et Pierre Garnier, recherches sanctionnées par une maîtrise et un D.E.A. d'Histoire de l'Art et le titre d'élève diplômé de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, Christophe Huchet de Quénetain s'est tourné vers le marché de l'art. Historien et expert d'art (spécialiste du Mobilier et des Objets d'art chez Pierre Bergé & Associés), auteur de nombreuses contributions et d'articles, et chargé de cours à Christie's Education, il est aussi l'auteur, aux Editions de l'Amateur, des Styles Consulat et Empire." Charles Topino, par Sylvain Barbier Sainte Marie (Editions de l'Amateur, 2005 - 54 €) Présentation de l'éditeur :"Etabli à Paris vers 1770, Topino travailla longtemps comme ouvrier libre dans le faubourg Saint-Antoine et sa réputation, nationale et internationale, lui attira une importante clientèle de marchands-merciers et de confrères ébénistes. Sa créativité la plus étonnante s'est exprimée dans la marqueterie, notamment les motifs d'ustensiles dont certains meubles ne font que souligner l'ambition décorative. Mais d'autres décors, floraux ou d'architecture, prouvent la diversité de son talent. Son audace commerciale s'est par ailleurs manifestée dans la conception d'un vaste réseau de distributeurs et dans la vente de marqueteries prêtes à l'emploi. Autant de qualités qui lui sont personnelles, mais auxquelles il convient d'ajouter, sans forcer le trait, une personnalité originale et séduisante.
Si Topino ne figure pas parmi les plus grands ébénistes de la seconde moitié du XVIII ème siècle, il n'en demeure pas moins une figure singulière."Qui est l'auteur ? "Juriste et historien d'art, Sylvain Barbier Sainte Marie a également suivi le cursus du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Nommé en 1998 dans les services du Premier ministre, il a participé, en tant qu'historien d'art, aux travaux de la Mission d'étude sur la spoliation des juifs de France, avant d'être chargé de mission au sein de la Commission d'indemnisation des victimes de spoliations. Après avoir publié plusieurs articles sur le mobilier et les objets d'art, le présent ouvrage est le fruit de ses recherches à la Sorbonne."
_________________ "Les habitants de Tahiti envoyèrent à M. Cook un cochon et une jeune fille en signe de bienvenue. Moyen de combler deux sortes d'appétit."
Georg-Christoph Lichtenberg (1742-1799)
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