L’Amalienburg est un pavillon du jardin du château de Nymphenburg à Munich.
Le château de Nymphenburg (Schloss Nymphenburg) fut érigé entre 1663 et 1664, d’après les plans d’Agostino Barelli. C’est Henriette-Adélaïde, femme de l’électeur de Bavière Ferdinand Maria, qui demanda la construction de la résidence de style italien, qui constitue la base de ce château. Elle dédia cette résidence d’été à la déesse romaine de la Végétation et à ses nymphes.
D’autres constructions furent ajoutées par la suite, pour former un ensemble impressionnant, qui constitue l’un des lieux les plus visités de Munich. A partir de 1715, quatre pavillons furent ajoutés au bâtiment historique par Joseph Effner. Ceux-ci sont reliés à la résidence d’origine par des galeries et des arcades. Au cours du XVIIIe siècle, les dépendances en demi-cercle, qui font face au pavillon principal, furent ajoutées.
Vue sur le Nymphenburg
Le Nymphenburg par Canaletto, 1761
Le jardin fut agrandi à partir de 1701 et on y aménagea des jardins à la française. Des pavillons, disséminés dans le parc du château, furent également construits durant la première moitié du XVIIIe siècle.
Le plus intéressant est le pavillon de chasse, nommé Amalienburg.
Ce pavillon se trouve dans l'Amalienburger un jardin qui joint à l'est au grand parterre à la française. ( A droite par rapport à la peinture de Canaletto

) Il a été construit entre 1734 et 1739 sur les plans de François de Cuvilles pour Charles-Albert de Bavière (l’empereur Charles VII en 1742 ). Ce pavillon était destiné à son épouse, Maria-Amalia d'Autriche.
Ancienne allée des fontaines devant l’Amalienburg
Le pavillon d’Amalienburg
Détail de la façade
A cette époque on apprécie la variété des formes dans les distributions de ces petits pavillons , parfois appelés « folies », qui nous offrent des pièces ovales ou polygonales.
L'entrée conduit au salon des glaces, pièce ronde située au centre de la distribution. Au nord, se trouvent le salon de la chasse, le salon des faisans et la cuisine. Au sud, le salon de repos, le cabinet bleu ( chambre à coucher de Maria-Amalia), un retrait et une salle de chenil pour les chiens de chasse.
L’Amalienburg est connu pour être un chef d’œuvre de l’art rococo. D’ailleurs, son concepteur, l'architecte et décorateur bavarois d'origine flamande François de Cuvilliés, a œuvré à la diffusion de ce style à travers de nombreux ouvrages sur le sujet : décoration intérieure, panneautage de mur, plafonds, meubles, travail de travaillé-fer, et d'autres sujets décoratifs entre 1738 et 1756.
Le salon des Glaces offre peut-être le plus extraordinaire et le plus bel exemple de décor rococo en Europe. Les reliefs s’enlèvent en argent sur fond bleu pâle (originellement le fond semble avoir été plutôt crème). Des motifs naturalistes : arbres, oiseaux, poissons, trophées, d’armes, de chasse ou de musique, se combinent avec les cartouches aux formes déchiquetées ; des figures nues d’enfants et de femmes prennent appui sur les bombements de la corniche. Ici, les stuc et les miroirs sont l’œuvre de Baptist Zimmermann et Joachim Dietrich Johann
Le salon des glaces
Détail
La cuisine est aussi une pièce importante de ce pavillon. Ses murs sont recouverts de faïence hollandaise et nous montrent des scènes fleuries, de la Bible, de mythologie et de vie et de paysages chinois.
La cuisine se compose en deux partie, l’une d’elle étant à elle seule une cheminée surmontée de sa hotte. Au centre de celle-ci un sommier surélève le foyer et dissimule le stockage du bois.
Cette cuisine est en fait une sorte de petit théâtre, dans le sens où l’on met en scène l’acte de cuisiner.
L’idée de l’architecte était que les invités de l’épouse de l’électeur de Bavière confectionnent soit des marinades pour les coqs de bruyère, bécasses et sarcelles soit des pâtés et des rôts pour leurs époux au retour de la chasse.
La cuisine
Hotte de la cheminée
Détail du décor de faïence
Paysage chinois
Voici également quelques illustrations des autres pièces.
Le salon de repos
La salle de chenil (j'aime beaucoup les niches des chiens

)
Vue depuis le cabinet bleu vers le salon des glaces, avec le salon de repos entre les deux.
