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Merci pour le lien.
Concernant la fameuse adresse de la petite maison, Camille Pascal, dans le goût du roi, évoque effectivement plusieurs adresses et relance la polémique...
Je cite :
L'identification et la localisation de cette fameuse maison ont passionné les historiens de Versailles qui, au XIXème siècle, se sont parfois affrontés dans de véritables batailles d'érudition. Deux écoles se sont longtemps affrontées ; d'un côté, ceux qui, d'après les découvertes du Dr Le Roi, considérèrent qu'il existait une seule petite maison située à l'emplacement de l'actuel n°4 de la rue St Médéric et, de l'autre, les partisans de Vatel, historien de la comtesse du Barry, pour lequel il y eut, successivement et peut-être simultanément, plusieurs maisons. Cette éminente question de topographie libertine mérite que l'on s'y attarde pour proposer une solution alternative susceptible de réconcilier post mortem ces frères ennemis de l'érudition versaillaise.
Tout commença par la publication des mémoire de madame Campan. [...]A propos de la petite maison du Parc au Cerfs, elle écrit : "Louis XV traitait comme particulier dans toutes les affaires et marchés qu'il faisait ; il avait acheté au Parc aux Cerfs à Versailles une assez jolie maison où il logeait une de ces maîtresses obscures. [...] Ayant réformé cet usage, le Roi voulut vendre sa petite maison. Sévin, premier commis à la guerre, se présentat pour l'acheter [...] Le contrat fut passé entre Louis de Bourbon et Pierre Sévin et le Roi lui fit dire de lui apporter lui-même la somme en or [...] 40 000 francs en louis d'or. [...]".
C’est en partant de cet élément concret qu’Adrien Le Roi, historien des rues de Versailles, parvint à retrouver la fameuse maison et à remonter jusqu’à l’acte par lequel, le 25 novembre 175, devant Me Patu notaire à Paris, […], un certain François Vallet […] achetait une maison à Versailles, rue Saint-Médéric.[…] cette acquisition est pour et au profit du roi[…]. Le mystère paraissait définitivement levé jusqu’à ce qu’un disciple de Le Roi, Charles Vatel, insinue qu’il existait peut-être plusieurs maisons. […]. Le 23 mai 1755, une petite maison située au Grand-Montreuil, petit village aux portes de Versailles, à proximité de l’avenue de Saint-Cloud, était adjugée à maître Dillery, procureur au bailliage, agissant pour le compte de Sa Majesté en vertu d’une procuration spéciale transmise par un certain Antoine, officier des chasses royales, membre de l’une des plus anciennes familles de la domesticité royale. Il usait là d’une sorte de préemption royale. Aucune publicité ne fut donnée à l’opération et les formalités habituellement prescrites dans les adjudications faites au profit du roi ne furent jamais remplies.[…]
Concernant le 4 rue Saint Médéric, un rapport d’expertise a été fait en 1740 à la demande de la veuve Crémer, la propriétaire de l’époque et décrit précisément la propriété. Deux modestes appentis construits sur environ 1 000 m², entourés de hauts murs. Au fond du jardin, un bâtiments de plain-pied ouvre par trois croisées et deux portes-fenêtres sur le jardin. On trouve dans ce bâtiment une cuisine et deux pièces, soit près de 30 m². Un autre bâtiment sur la rue se compose d’une grande pièce de 24 m². Certes des travaux ont pu être en 15 ans, mais la veuve était ruinée et après l’achat en 1755, on ne trouve aucune trace de travaux dans les comptes du roi. On peut difficilement imaginer Louis XV, roi raffiné et sensible au décor, se contenter de si peu, malgré l’intensité du rendez-vous. De plus, Louis XV la vendit 16 000 livres, ce qui est dérisoire pour une belle petite maison avec toutes les commodités de l’époque. D’ailleurs Argenson évoque une maison luxueuse et une domesticité importante pour la maîtresse du moment. Essayez de loger tout ce monde dans ce qui est décrit ci-dessus. On n’y arrive pas. Il faut donc en convenir, le 4 rue Saint Médéric n’a sans doute jamais abrité les amours clandestines royales.
Par contre, à l’angle de la rue Royale et de la rue Saint-Louis (n°20), Charles Collin, intendant de la marquise de Pompadour (tiens tiens) recevait du roi un terrain, qui agrandissait son héritage de sa tante Binet. Il fit construire un pavillon par Lespée, inspecteur des Bâtiments du Roi. Boucher a fait le décor, de nombreuses pièces, dont une salle à manger chauffée par un poêle en faïence, une chambre alcôve pleine de chinoiseries, un boudoir… Cette maison est située dans la partie la plus éloignée du Parc aux Cerfs, assure une parfaite discrétion à ses occupants. Voilà, qui correspond plus à notre cher Louis. De plus, toute l’affaire se passe avec des protagonistes du clan Pompadour et correspond plus aux témoignages des contemporains. Enfin, Collin dispose d’un logement de fonction rue des Réservoirs, ce qui est plus près du château et donc plus pratique. Fort de tous ces indices Camille Pascal laisse entendre que Collin n’est bien qu’un prête-nom et que le 4 rue Saint-Médéric fait diversion…
_________________ Ma vie est un combat.
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