Les caractères de civilité. Typographie & calligraphie sous l'Ancien Régime, par Rémi Jimenses; préface de Hendrik Vervliet (Atelier Perrousseaux, collection
Histoire de l'écriture typographique, mars 2011 - 29,50 €)
Présentation de l'éditeur :"Lettre française d'art de main" ou "lettre façon d'écriture", les caractères de civilité gravés par Robert Granjon en 1557 constituent l'une des plus fameuses imitations de l'écriture manuscrite dans la typographie.
Reproduisant la gothique cursive très souple des secrétaires français de la Renaissance, ils seront employés à la composition des livres (et notamment des manuels scolaires) pendant plus de trois siècles. Cette typographie attire depuis longtemps l'attention des historiens du livre mais les travaux publiés jusqu'à présent n'ont porté que sur les origines de cette écriture et sa diffusion à la fin de la Renaissance.
Pour la première fois, cet ouvrage présente l'histoire des caractères de civilité sur un long terme, en observant les modalités de leur utilisation depuis la Renaissance jusqu'au milieu du XIX ème siècle. Une première partie, consacrée aux années 1557-1650, décrit la création, la diffusion et le rapide déclin de cette typographie, et s'interroge sur les motivations idéologiques qui ont conduit à son utilisation puis à son rejet.
La seconde partie, qui porte sur une période plus tardive (1650-1850), analyse les raisons pour lesquelles le caractère de civilité a été alors systématiquement employé à la composition des manuels de savoir-vivre. Dans ce large cadre chronologique, l'auteur examine le rôle qu'ont joué les caractères de civilité dans l'enseignement élémentaire et les rapports étroits qu'ils ont entretenus avec les modes calligraphiques.
La typographie n'est donc pas ici examinée sous ses seuls aspects formels : on s'attache à restituer les enjeux (sociaux, religieux, économiques) qui en conditionnent les usages. S'appuyant sur des sources variées et souvent inédites (traités calligraphiques, typographiques ou pédagogiques, documents d'archives, préfaces, etc.), cette étude, préfacée par Hendrik Vervliet, s'accompagne d'une abondante iconographie, présentant plus d'une centaine de documents tant imprimés que manuscrits.
A travers cette histoire de la "lettre française", c'est à une véritable exploration des relations entre typographie et calligraphie qu'est convié le lecteur.Sommaire :-Introduction
-Acte premier : Splendeurs et misères de la cursive françaiseChapitre I. Granjon et ses contrefacteurs : histoire d’un succès-La lettre française d’art de main
-Privilège et contrefaçons : la diffusion de la lettre française
-Les usages de la civilité
-Typographie et pédagogie
Chapitre II. Les formes de la cursive française-Les mains
-La technique du type
-Le plomb et le bois
-Des variantes graphiques nationales
Chapitre III. Le déclin de la cursive française-Un évident déclin
-La disparition du gothique dans l’imprimerie
-Nouvelles pratiques manuscrites
-Une connotation protestante
-Pierre Moreau : une tentative concurrente ?
Entracte : Un demi-siècle de pause…-Antoine de Courtin et le Nouveau traité de la Civilité
-La révolution scolaire de Charles Démia et Jean-Baptiste de la Salle
Acte deux : Une anachronique renaissanceChapitre IV. Une surprenante résurrection.-La Civilité (presque) partout
-1703 : la résurrection lasallienne
-Nouveaux textes
-Nouveaux publics ?
Chapitre V. Apprendre à lire, apprendre à écrire.-Déchiffrer le manuscrit
-Une hypothèse : la Civilité comme modèle calligraphique
-La ronde et la gothique
-La Civilité, faute de mieux.
Chapitre VI. La Civilité réinventée-Tradition et innovation : les nouvelles formes de la Civilité
-Vers une production de masse : l’adaptation des techniques typographiques
-De la "lettre française" aux "caractères de civilité".
Epilogue : la fin de l’histoire.-Annexe I. Les poinçons de cursive française conservés au Musée de l’Imprimerie de Lyon
-Annexe II . Quelques livres scolaires imprimés en caractères de civilité.
Qui est l'auteur ?
"Rémi Jimenes est doctorant au Centre d'études supérieures de la Renaissance (Tours), où il rédige une thèse sur l'imprimerie parisienne au XV ème siècle, et dispense des cours d'histoire moderne à l'université de Tours.
Il est l'auteur de plusieurs articles de recherche, fruits de ses explorations dans les fonds anciens de bibliothèques publiques."